Les traitements de la SEP

Les traitements médicamenteux


Les traitements de la poussée : reposent essentiellement sur les corticoïdes, notamment méthylprednisolone en intraveineuse, en bolus. Ce traitement est réservé aux poussées invalidantes. Il présente des effets secondaires et son action n’est pas d'améliorer la récupération mais de réduire la durée de la poussée.

Les traitements de fonds

Ils réduisent l’activité inflammatoire de la pathologie.
Il en existe 2 types :

  • les immuno-modulateurs : Ils agissent sur l’inflammation en modulant l’immunité naturelle. Deux types de médicaments existent :
    les interférons bêta-a1, bêta-1b (Avonex, Plegridy, Rebif, Betaferon, Extavia,) et l'Acétate de Glatyramer (Copaxone ou biosimilaire). Ils permettent de réduire la fréquence des poussées et de ralentir la progression du handicap.
    Pour les interférons, il existe un effet secondaire : le syndrome pseudo-grippal, dans les premières semaines du traitement.
    La Copaxone présente des effets secondaires différents: douleur à l'injection, IPIR syndrome (douleur thoracique, dyspnée au décours de l'injection).
  • Les immunosuppresseurs :
    • Le teriflunomide (Aubagio) et le dimethyl-fumarate (Tecfidera) sont deux traitements par voie orale indiqués en première intention, le plus souvent dès le début de la maladie. Ils ont montré une efficacité sur les poussées, l’IRM et la progression de la maladie. Les principaux effets secondaires sont d’ordre digestif mais il peut également y avoir une raréfaction des cheveux (amincissement le plus souvent transitoire) pour le teriflunomide (Aubagio) et des bouffées de chaleur avec le Tecfidera. Ces effets secondaires sont le plus souvent transitoires (3 premiers mois) et ne nécessitent que rarement l’arrêt des traitements. Le dimethyl-fumarate (Tecfidera) nécessite une surveillance étroite du taux de lymphocytes (globules blancs) afin d’éviter les infections opportunistes.
    • Le natalizumab (Tysabri) est utilisé dans la forme active de la maladie. L’efficacité est particulièrement importante sur les formes inflammatoires de la maladie (réduction des poussées de près de 70%). Le principal risque lié à ce traitement est la survenue au-delà de 2 ans de traitement d’une leuco-encéphalite multifocale progressive (LEMP) qui consiste au développement dans le cerveau d’un virus (le virus JC). Ce risque dépend de la sérologie JC virus, de la durée de traitement et des traitements immunosuppresseurs antérieurs.
    • Le fingolimod (Gilenya) est un traitement par voie orale. C’est un traitement réservé aux formes actives de SEP en raison d’un risque cardio-vasculaire (ralentissement modéré du rythme cardiaque et légère hypertension), ophtalmologique (risque d’œdème maculaire imposant un fond d’œil à 4 mois) et cutané (discret surrisque de cancer localisé de la peau). Ce traitement a montré une réduction significative du taux de poussées et une très bonne efficacité sur l’IRM.
    • L'ocrelizumab (Ocrevus) est un traitement par perfusion tous les 6 mois, indiqué dans les formes actives de SEP. Ce traitement est très efficace sur les poussées et sur l’IRM. Les principaux effets secondaires consistent en des réactions de type « pseudo-allergie » lors des premières perfusions ainsi qu’une petite augmentation du risque d’infection pulmonaire.
    • La mitoxantrone (Elsep) est utilisé dans les formes agressives de SEP rémittente. Il est toxique pour le cœur et présente des risques hématologiques. Ce traitement oblige à une surveillance cardiologique (durant 5 ans) et sanguine régulière ainsi qu’à une utilisation limitée dans le temps (maximum 6 mois).
    • Le rituximab (Mabthera) est un traitement ayant la même cible que l’ocrelizumab (Ocrevus) est utilisé hors AMM (hors indication) dans les SEP de forme progressive prumaire avec une activité inflammatoire (poussée clinique ou IRM)
    • L’azathioprine (Imurel), le methotrexate, le cyclophosphamide (Endoxan) et le mycophénolate mofétil (Cellcept) sont d’autres immunosuppresseurs parfois utilisés dans la SEP notamment progressive, sans certitude formelle d’efficacité et hors indication.

Dans les formes secondairement progressives, les interférons sous-cutanés, la mitoxantrone (Elsep) ou l’ocrélizumab (Ocrevus) peuvent être utilisés s’il existe des poussées surajoutées.

La Biotine (Qizenday) a été proposée pour le traitement des formes secondairement progressives sans poussées surajoutées, en autorisation temporaire d’utilisation, cependant ce médicament est encore en cours d’évaluation et une étude est en cours aux Etats Unis et dans le reste de l’Europe pour confirmer les résultats de l’étude française.

PARC SeP a réalisé et met à disposition des patients, et des professionnels de santé, des guides pour certains traitements : vous pouvez les demander auprès de notre équipe.

Traitements symptomatiques


Différents traitements peuvent être mis en place pour traiter les symptômes séquellaire de la SEP.

La spasticité peut être combattue par des antispastiques (Baclofène (Lioresal) ou Dantrolène (Dantrium)), Dans les spasticités sévères, les injections de toxine botulinique (si atteinte localisée), l’implantation de pompe intrarachidienne de lioresal par un neurochirurgien peuvent être indiquées. Enfin, la kinésithérapie permet de lutter contre la spasticité et les rétractions.
Les troubles urinaires doivent être surveillés annuellement, bilantés par échographie réno-vésicale et bilan uro-dynamique et traités pour éviter les infections urinaires, une atteinte des reins.
Les troubles du transit sont fréquents et peuvent être corrigés par des règles hygiéno-diététiques et en cas d’échec par des médicaments laxatifs.
Les troubles sexuels peuvent être améliorés par une prise en charge médicamenteuse et par un suivi sexologique.
Les douleurs peuvent être soulagées par des antalgiques classiques, ou spécifiques, certains médicaments anti-dépresseurs (tricycliques), ou certains antiépileptiques (par exemple gabapentine, prégabaline).
Les troubles de la marche peuvent être améliorés par la fampridine (Fampyra). Ce traitement agit sur la gaine de myéline qui entoure le nerf, en accélérant l’influx nerveux. Il ne permet pas de réparer celle-ci.

Les traitements non médicamenteux peuvent aider à l’amélioration de la qualité de vie comme : La rééducation, l’activité physique adaptée pour améliorer la force musculaire et la coordination, la kinésithérapie, l’ergothérapie qui peut aider pour les gestes du quotidien, la prise en charge psychologique…

Traitements non conventionnels

• Définition (Ernst et al., 1995):
« Le terme de médecine non conventionnelle (terme retenu par la commission européenne) désigne en Occident une grande variété de méthodes de traitement qui ne sont pas basées sur la méthode expérimentale et dont l'efficacité par rapport à la guérison naturelle n'a jamais été prouvée par des études randomisées en double aveugle. Elles reposent en général sur des traditions empiriques parfois séculaires ou sur des pratiques ayant émergées au XIX siècle, mais en général avant l'avènement de la médecine fondée sur les faits (evidence based medicine, EBM). »

Il existe de nombreuses médecines non conventionnelles comme : l’hypnose, la sophrologie, la réflexologie, le yoga, la musicothérapie, la thérapie neurale…

Ces traitements ne sont pas contre-indiqués avec les traitements usuels. Ils ne doivent cependant pas se substituer aux traitements conventionnels et à un suivi régulier. Ils ne doivent pas mettre en danger le patient. N’hésitez pas à échanger avec votre neurologue sur certaines de ces thérapies.



Sclérose en plaques et vie quotidienne


Vous pouvez consulter le guide ressources ci-joint :

Guide maladie sclerose en plaques



Les différents intervenants


Vous pouvez consulter le guide ressources ci-joint :

Guide maladie sclerose en plaques



à insérer en bas du paragraphe sur les traitements de fond

Documents

Guide traitement par GILENYATélécharger
Guide traitement par AubagioTélécharger
Guide traitement par TecfidéraTélécharger
GUIDE DES DISPOSITIFS ET RESSOURCES EN HAUTS DE FRANCE POUR LA SCLEROSE EN PLAQUESTélécharger